Aujourd'hui, j'ai du chercher l'un de mes dessins de l'année dernière, glissé, dans mes souvenirs, dans mes cours de français.
J'ai du ainsi ressortir mon trieur, vous savez, celui de trente centimètre d'épaisseur et de dix kilos.
Lorsque j'ai commencé à feuilleter les cours à la recherche de ce dessin, ma gorge s'est serrée.
Ce qu'il y avait dans ce trieur n'était pas n'importe quels cours.
C'était ceux de première S1. mes yeux se posaient sur de vagues esquisses au dos des feuilles de cours, des calculs rapides dans les marges, des smileys, des maisons barrée, d'étrange carrés dans les coins de feuilles, des ratures, des écritures multicolores, des gribouillis au crayons, des dessins de mains, des pliages, des mots écrits en grands, des trace de stabylo, des répliques ultimes, des suites mathématiques, des shémas structurels, des prénoms écrits en travers des feuilles, des plans, des visages barrés, des éclaires, des feuilles déchirées, rougies de correction, des victoires au morpion contre Jordan, des paroles de poèmes, des flèches, des chiffres partout, des projets en 3D, des systèmes de combats à programmer...
Mais il y avait plus que ça. Je pense qu'il faudrait expliquer l'odeur de la colle, des stylos coulants, mais aussi le son des rires aux répliques des profs, au boulettes de Thorel, aux vannes de Vincent, les sourires de Charlotte, les vannes de Laura, la trousse de Morgane, la calculette de Jordan, les bastons des gars, Simon et Simon, les gommes lancées, mais il y avait encore plus que ça.
J'ai senti, imprégné dans le papier, au plus profond de chaque goutte d'encre, de chaque crayonné, de chaque point de colle, une chose perdue et inimitable.
J'ai ressenti, en lisant mes cours et en regardant mes dessins, l'agréable chaleur des salles de cours en hiver, j'ai ressenti les regards envieux vers l'extérieur au printemps si accueillant. J'ai ressenti l'amitié, l'amour, les larmes et les rires, j'ai ressentit, je me suis souvenu, avec plus de force que jamais, le résultat d'une année dans cette classe
Je me suis sentit alors tellement nostalgique, si intensément mélancolique que je n'ai plus les mots pour décrire le manque.
Le manque d'une année particulière, le manque de VOUS, le manque de cette ambiance, de cette joie de vivre, de venir au lycée et de travailler.
Le manque indicible de ce qui fût construit cette année-là.
UNE ANNÉE PRESQUE PARFAITE
Vous me manquez horriblement.